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Sarah McKenzie

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Un an après avoir conquis le cœur des fans de jazz avec « We Could Be Lovers », son premier album chez Impulse ! Records, Sarah McKenzie ] revient avec le sensationnel « Paris in the Rain » . Comme pour son précédent disque, la chanteuse/pianiste/compositrice/arrangeuse australienne née à Melbourne il y a 28 ans a collaboré avec le producteur Brian Bacchus (Norah Jones, Lizz Wright et Gregory Porter). Le résultat ? Un album fascinant alternant standards et compositions originales qui met une nouvelle fois en évidence l’incroyable musicalité de l’artiste.

Sarah McKenzie ] s’est installée à Paris l’an dernier après avoir obtenu son diplôme du prestigieux Berklee College of Music de Boston. Le morceau qui donne son titre à l’album est une véritable déclaration d’amour à la Ville Lumière. Passant de l’anglais au français avec une aisance déconcertante, Sarah McKenzie y évoque les merveilles de notre capitale avec une délicieuse fantaisie. « Je suis vraiment tombée amoureuse de Paris. C’est une ville tellement incroyable, qui a tant à offrir dans les domaines de la culture, de la gastronomie et de la mode. Je voulais écrire une chanson parvenant à restituer toute la magie la beauté et l’esprit de Paris. »

Les pérégrinations de Sarah McKenzie constituent le véritable fil conducteur de « Paris in the Rain », l’artiste s’étant inspirée à la fois de son départ pour les Etats-Unis et de sa découverte des pays européens où son métier de musicienne lui a donné l’occasion de séjourner. Reprendre « When in Rome » de Cy Coleman et Carolyn Leigh, « Triste » d’Antonio Carlos Jobim et « Tea for Two » de Vincent Youmans et Irving Caesar apparaît par exemple comme une manière idéale d’évoquer ses voyages en Italie, au Portugal et en Angleterre. Ce thème du « carnet de voyage » est également évident sur le dernier titre de l’album, « Road Chops », une composition originale dont l’exubérance traduit à merveille le délicieux vertige que l’on ne peut manquer d’éprouver lorsqu’on parcourt le globe. Ce morceau instrumental témoigne par ailleurs de la maestria dont Sarah McKenzie fait preuve au piano.

Comme elle l’explique elle-même, Sarah McKenzie a voulu que « Paris in the Rain » se
distingue par son « élégance ». « Les arrangements y sont plus élaborés », déclare l’artiste. Abordant la tradition jazz comme un domaine dont l’exploration lui permet d’exprimer sa propre voix, Sarah McKenzie cherche une nouvelle fois à élargir sa palette sonore avec cet album où elle porte une attention toute particulière aux textures. Elle est accompagnée dans cette entreprise par un groupe de rêve comprenant le vibraphoniste Warren Wolf (déjà présent sur « We Could Be Lovers »), le guitariste Mark Whitfield, le bassiste Reuben Rogers, le batteur Gregory Hutchinson, le trompettiste Dominick Farinacci, le flutiste Jamie Baum, le saxophoniste alto Scott Robinson, le saxophoniste tenor Ralph Moore et le guitariste Romero Lubambo.

Plongeant leurs racines dans la tradition du Great American Songbook, les compositions de Sarah McKenzie sont pour beaucoup dans l’énergie contagieuse qui émane de « Paris in the Rain ». Outre la chanson donnant son titre à l’album et « Road Chops », l’artiste nous offre trois compositions originales où la subtilité est le maître mot. Sur « One Jealous Moon », un morceau bluesy où Ralph Moore délivre un solo d’anthologie, Sarah McKenzie chante un texte empreint d’une profonde poésie, mettant une nouvelle fois en évidence son talent inné pour jouer avec les mots.

Sur « Don’t Be a Fool », elle évoque les affres de la passion amoureuse, son chant conférant une profonde mélancolie à cette ballade envoûtante. Joués à l’unisson, les accords de piano et de vibraphone rendent la tension de plus en plus palpable avant que Warren Wolf ne se lance dans un solo d’une tristesse déchirante.

Sarah McKenzie rend enfin hommage à Nat King Cole avec « Onward and Upward », un
morceau d’une gaieté irrésistible où la chanteuse évoque avec entrain le fait de se lancer dans de nouvelles aventures. Elle y délivre par ailleurs un époustouflant solo de piano aux sonorités bluesy avant d’être imitée par Jamie Baum et Dominick Farinacci.

Si « Paris in the Rain » met une nouvelle fois en lumière ses talents de compositrice, cet album nous rappelle également que Sarah McKenzie est une interprète au talent fou, comme le prouvent magistralement ses versions de « Day in Day Out » de Johnny Mercer et Rube Bloom, « Embraceable You » de George et Ira Gerschwin, « Triste » d’Antonio Carlos Jobim, « Little Girl Blue » de Richard Rodgers et Lorenz Hart ainsi que « Tea for Two » de Vincent Youmans et Irving Caesar.

La reprise la plus surprenante figurant sur « Paris in the Rain » est sans conteste celle d’« In the Name of Love », morceau aux sonorités brésiliennes avec lequel Kenny Rankin remporta un beau succès en 1974. Si Sarah McKenzie a conservé le dynamisme et la fluidité de la chanson originale, elle a toutefois cherché à lui imposer une structure mieux définie. « La version de Kenny est sensationnelle. Mais j’ai remarqué qu’elle n’avait pas de structure à proprement parler », explique Sarah McKenzie. « Je me suis dit que je pourrais apporter ma pierre à l’édifice en arrangeant la chanson différemment pour pallier cette absence. »

En matière d’arrangements, Sarah McKenzie cite George Shearing comme l’une de ses plus grandes influences. La jeune artiste est tout particulièrement admirative de son utilisation des block chords au piano sur fond de guitares. « J’aime quand les choses sont décalées et un peu brut de décoffrage tout en restant charmantes et élégantes », explique-t-elle.

Au piano, l’une des priorités de Sarah McKenzie est de développer un style reconnaissable entre tous. « Faire preuve d’une virtuosité extraordinaire, pourquoi pas, si c’est ce que vous recherchez. En ce qui me concerne, je veux posséder un style qui n’appartient qu’à moi et qui me permette d’interpréter les chansons comme personne d’autre. »