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Kellylee Evans

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Sortie de son nouvel album "Come On" chez Decca le 30 octobre

« Come on ! » Plus qu’une interjection, une intime injonction. D’emblée, ce premier titre éponyme donne le diapason d’un disque qui fait le pari d’y aller, pour de bon. « Comme un appel ! », insiste Kellylee Evans qui ajoute : « Mais le thème qui donne la clef d’écoute de cet album est en fait “Right to Love”. C’est l’idée à la base de toutes les chansons. Qu’on a le droit d’aimer. Qu’on a raison d’aimer. Que c’est bien d’aimer. » Pas de doute, ce disque fait écho aux deux dernières années vécues par la native de Toronto. Pour sûr, il y aura un avant et un après cet album, tout à la fois en rupture et dans la continuité de ce tout ce qui a précédé.

Continuité car on y entend encore et toujours ce qui fonde la personnalité de Kellylee Evans, grandie dans la soul, celle qu’elle écoutait chez son oncle ou à la maison. « Elle faisait partie de l’environnement, comme un membre de la famille. C’est pourquoi je n’ai jamais eu à l’étudier. Du coup, je n’ai même pas de références, pas de préférences. Je l’adore, c’est tout. Pour moi, la soul c’est un feeling qui s’installe dans la fibre de ceux qui l’écoutent. Un truc indéfinissable. » Justement, c’est ce supplément d’âme qui va permettre à celle qui chantait en amateure éclairée de séduire le contrebassiste de jazz Lonnie Plaxico et conquérir le jury de la prestigieuse Thelonious Monk Jazz Vocal Competition. En 2005, Kellylee Evans passe donc dans la catégorie pro : elle signe deux ans plus tard « Fight Or Flight », puis « Good Girl » en 2010. Entre jazz et soul, entre Lizz Wright et Erykah Badu, la jeune Canadienne trace sa voix. Dans le sillon de celle à qui elle rend hommage en 2011 : Nina Simone. Cet album l’introduit au public français, happé par son énergie sur scène.

Le coup d’essai est transformé deux ans plus tard, avec « I Remember When », disque qui scelle avec le pianiste et arrangeur Eric Legnini. Il lui soumet l’idée d’enregistrer un disque essentiellement composé de reprises de classiques hip-hop en mode soul jazz, et réalise ce projet où elle emprunte à Eminem et Stromae ! La voilà partie pour les sommets… Las, un événement va tout changer. Le 8 juin 2013, la chanteuse est frappée par la foudre. Obligée de se déplacer en fauteuil, contrainte de chanter assise, cette expérience sera l’élément déclencheur d’un changement de cap dans sa vie : ce sera, au propre comme au figuré, un électrochoc. « J’ai dû apprendre à m’exprimer autrement. Je n’avais plus la capacité de courir partout sur scène, d’aller dans la salle faire chanter ou danser le public. J’ai aussi appris comment demander de l’aide dans ma vie au dehors de la musique. C’était peut-être la chose la plus importante. Du coup, mes relations avec ma famille, mes amis, mes fans même, sont bien plus profondes depuis ce que je n’appel plus un accident mais un événement. Je n’ai pas du tout envie de le revivre, mais je reste reconnaissante de tout ce que cette expérience m’a apporté ! » En clair, plus le temps de se perdre en conjectures, il faut y aller. Come on !

La rupture est assumée. Et ce nouvel opus en porte la trace. Dans les textes, puisque Kellylee Evans y déroule son histoire, celle d’une survivante qui décide de reprendre sa vie en main et d’affirmer haut et fort sa féminité, son désir d’amour… En musique, car contrairement au précédent où il s’agissait de faire jazzer des chansons au top des charts, l’intention est clairement « pop », la rapprochant toujours plus des divas de la nu soul, voire des égéries du r’b. « On a pris le pari de proposer notre musique. Nous avons tout composé. Nous avons préparé l’album ensemble, en écoutant notamment des disques de soul sixties, notamment les productions du label HI Records avec ce son très mat de batterie, mais aussi des productions de Timbaland. Même si je suis toujours très marqué par les classique de la soul, je ne perds pas de vue qu’il faut y poser des vibes contemporaines. Il s’agissait de rendre moderne cette approche. », analyse Eric Legnini, celui qu’elle nomme son « frère bien aimé », en fait un alter ego qui fut associé à tout le processus créatif : de l’écriture des chansons à la direction artistique lors des sessions. De la « post- modern futurist soul », ajoute la chanteuse. « Je voulais que tout l’album soit joyeux, vivant, dansant. J’ai envie que ça tape plus sur disque comme sur scène. » Et c’est ce qui frappe : pas de place au superflu.

Un répertoire taillé par ces deux plumes affûtées, un son organique enregistré encore une fois dans les studios de l’ICP, une équipe reconduite mais augmentée de quelques invités, dont Stanton Moore le tutélaire funky drummer de La Nouvelle-Orléans et l’arrangeur Christophe Del Sasso à la direction des cordes, Eric Legnini et Kellylee Evans ont suivi une méthode adéquate. « Le band était sur cette énergie lors de sessions. Le propos c’était d’y aller ! », confirme le pianiste aux manettes du projet. « Après, nous avons beaucoup bossé la post-production. C’est le côté plus hip-hop, plus carré. Le travail sur les batteries, doublées, parfois même samplées, le traitement des sons compressés… Mais l’état d’esprit du studio est resté. D’ailleurs, si vous tendez l’oreille, vous entendez des harmonies riches. » Au final, ce son sculpté souligne la classe d’une voix à la Nancy Wilson, « pop soul, mais toujours jazz ». Pas de doute, ça vibre, et c’est ce qui fait tout la différence de style avec les productions trop souvent « déshumanisées ». Au final ces dix chansons vont à l’essentiel, sans se soucier des frontières stylistiques et temporelles. À l’image du premier single « Hands Up », qui flirte en douce avec les riddims chaloupés du reggae, qui filtre la soul pour lui donner un sérieux coup de jeunesse. Un vrai coup de foudre !

En accord avec Thelonious Productions