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HoTeL

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Biographie
Un premier EP nous avait mis sur la voie d’un duo qui prenait soin des mots et du son (Express Checkout, juin 2017).

Sans tergiverser, Hotel enchaîne avec un second cinq titres qui spécifie davantage encore le propos : les Parisiens Anna & Victor privilégient désormais les textes en français et les compositions se montrent plus directes.

Comme sur " Digitale ", où un refrain sous tension succède à des couplets bien envoyés : " Son corps s’évapore, pixélisé / Sa chair s’est perdue en digital données / Filtre d’amour, en un clic / Potion numérique " . Le ton est donné. Hotel regarde son époque avec un certain scepticisme. A l’ère du tout numérique, où est passé l’humain, l’organique, le coeur qui bat ?


Pour autant, Anna & Victor, qui font quasiment tout eux-mêmes, ont pris acte des possibilités infinies qu’offraient les machines et le home studio. " Face à un synthé, il s’établit un dialogue. C’est autant la machine que toi qui apportent quelque chose. Tu te dis : Ok, tu m’apportes ça... Voyons comment nous pouvons jouer ensemble " , dit Victor, guitariste de formation blues, qui cite aussi bien Daft Punk, Nirvana, Beck ou LCD Soundsystem au chapitre des influences et/ou des héros.


Charge à Anna - chant grave, auteure des textes et de quelques arrangements - de faire en sorte que le duo ne perde pas le fil : " Je tiens beaucoup à ce que l’esprit initial d’une chanson soit préservé. Il s’agit de ne jamais reléguer l’émotion au second plan... " . De fait, l’émotion est exacte au rendez-vous sur le joli refrain de " Hémoglobine", entre blues digital et pop électrisée. Titre auquel on prédirait volontiers un beau destin radiophonique. Car Hotel réussit souvent ce tour de force de concilier exigence musicale et accessibilité de la chanson. " Nous croyons qu’un partage avec l’auditeur est possible : nous lui faisons une proposition qui permet un accès. L’idée de laisser les gens dehors ne nous intéresse pas !

Nous sommes des gens bien élevés (rires) ", dit Anna, qui tient également au caractère artisanal du projet, fruit d’une recherche à deux, puis à trois avec Guillaume Jaoul du studio Tropicalia à Paris.

" Perfecto " et " Transcendental Express " témoignent à leur tour que le duo aime varier les ambiances et les surprises. Le premier organise une rencontre aux Halles entre The Kills et Bashung au beau milieu des années 1980. Le second s’apparente à un aller simple en train, haletant puis au bord de la crise de nerfs, dans un registre krautrock. Autre marotte du couple classieux et curieux qui se rencontre en 2014. Le climat de " Dust ", évocation d’un personnage fascinant qui vivait dans la rue à New York, referme cet EP riche en contrastes et en textures entremêlées.

Ainsi Hotel tient le bon dosage entre digital et organique, progressant sur un fil, sans jamais verser dans le désespoir " dark " ou la pop béate. On parlerait plutôt d’un renouveau du rock en français, lettré et généreux !

Informations
Label / Publishing : Anteprima / Anteprima Prime
Photo @ Arno Lam
Graphisme "ROOM 102" Byzance