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Eric Legnini

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Elève de Richie Beirach, disciple de Herbie Hancock et de Phineas Newborn, Eric Legnini développe une musique en perpétuel mouvement générée par un groove obsédant et une technique redoutable. Du hard bop le plus virtuose au funk le plus bouillonnant, le pianiste exprime sa fascination pour la voix grâce à des collaborations fructueuses telles que Hugh Coltman, Mamani Keita, Krystle Warren. Sa qualité d’écriture lui permet de naviguer entre tous les genres.

Eric Legnini, à travers ses nouvelles compositions, affirme non seulement son amour des rythmes afro jazz, mais aussi du funk, de la soul... Il suit en ce sens la trajectoire d’Herbie Hancock avec les Headhunters - l’une de ses références - ou encore du légendaire groupe Sly & The Family Stone.

2015 est une année où il multiplie les projets : une tournée avec le projet “What’d I say”, l’enregistrement pour le label Impulse ! de l’album “Red & Black Light” avec Ibrahim Maalouf, suivi d’une tournée enflammée en France et en Europe jusqu’à l’apothéose à l’AccorHôtelArena de Bercy le 14 décembre 2016.

WAXX UP

2017 marque le grand retour d’Eric Legnini sur disque en leader : Waxx Up sort au printemps et sera le troisième volet du triptyque consacré à la voix et initié avec l’album “The Vox” en 2011. Il convie son trio (Franck Agulhon à la batterie et Daniel Romeo à la basse électrique) ainsi que des cuivres et des voix : Yael Naïm, Charles X, Mathieu Boogaerts, Michelle Willis, Hugh Coltman ou encore Natalie Williams.

D’emblée, le premier titre donne le cap. “I Want You Back”, plus qu’une introduction, mieux qu’une mise en bouche, une voie à suivre. Trois minutes trente, tous d’un bloc, au service d’une chanson. Pourvu que ça groove. Direct, Eric Legnini change de casquette, et du coup de braquet, avec cette nouvelle galette : le pianiste émérite mute en producteur, attentif à la puissance d’une mélodie, à la classe d’une rythmique. Waxx Up : une bonne baffle en pleine tête, à l’image du visuel qui orne la pochette ! Parce que de toutes les manières, c’est la cire noire qui a toujours été sa matière première. Tel est le diapason d’un album qui sonne comme une somme de 45-tours, des titres taillés pour des voix au pluriel des suggestifs du maître de céans : Eric Legnini.

SING TWICE !

Tout est dit dans le titre. Ce jeu de mot raisonne fort à propos sur la carrière d’Eric Legnini. Chante à deux fois, donc ! Cela fait doublement sens chez celui qui, depuis Miss Soul en 2005, a pris sept ans de réflexions avant d’en arriver là. Entendez un album qui flirte bien souvent avec la pop. Tout son parcours plaide pour l’ubiquité du quadragénaire, qui s’est fait la main auprès des plus fameux improvisateurs de sa Belgique natale.

Le temps – ou plutôt la superposition d’espaces-temps différents – est le secret de ce disque. Enregistré en deux jours au printemps, peaufiné pendant un bon mois cet automne, mais préparé depuis plus d’un an : Tout a commencé sur les routes de tournées menant le trio aux quatre coins du monde. “Nous avons peu à peu construit le répertoire lors des balances, puis sur scène. On s’est approprié le répertoire sans la voix, juste tous les trois. La plupart des morceaux sont nés ainsi, puis je les ai peaufinés pour chacun. Quand Hugh a posé des paroles sur les siens par exemple, ça a forcément changé les inflexions.” De cette première couche, élaborée en direct, il reste cependant la vibration organique. Ces morceaux développés en live seront travaillés et retravaillés. “Le but du jeu était de maquetter les titres avec un farfisa, à l’aide d’une simple boîte à rythmes. À partir de cette structure hyperminimale, nous pouvions de nouveau étendre les morceaux, mais pas trop. Il s’agissait de garder le format de la chanson, sans oublier la forme jazz. De toute façon, on joue en studio comme en concert : on se lâche, on prend des risques. Il s’agit d’un trio avec voix !
C’est comme un disque que je produirais, au service de la voix mais sans restriction de styles. Je m’autorise des digressions. Le projet n’est pas lissé !” Voilà pourquoi la ligne claire, éminemment mélodique, autorise néanmoins des détours harmoniques, des chausse-trappes rythmiques. On peut être au service de la voix, sans jouer au détriment de l’énergie du trio. L’affaire est une question de dosage, subtil. Une histoire de production dont Eric, en bon fan de Danger Mouse, Grizzly Bear et autre Daniel Lanois, en bon disciple de John Barry, fait son affaire. “Je ne voulais pas réaliser la simple photo de ce que l’on joue sur scène. Toute mon activité de producteur me sert et est très présente jusque dans les choix de fréquences.”, analyse celui qui s’est multiplié sur les claviers vintage : orgues seventies - Eko, Farfisa -, synthés analogiques, pédales d’effets, programmations de "beats" à partir de vielles boîtes à rythme, Fender Rhodes, mais aussi et surtout ce bon vieux piano...

Pas de doute, jusque dans sa conception, Sing Twice ! affiche ses prétentions : un disque de jazz aux contours pop, un album de pop aux atours jazz. Il suffit de se pencher sur “Snowfalls”, un véritable hymne qui devrait rappeler de bons souvenirs aux amoureux de Radiohead et de E.S.T.! Il en va de même d’“Only For A Minute”, un chant hanté par la figure tutélaire de Stevie Wonder, drappé dans une ambiance folk. Et si “Yan Kadi” marche avec classe dans les traces de papa Fela, si “The Source” est l’hommage masqué d’une griotte à “Africa Brass”, “Cinecitta” clôt ce recueil par un salut évident à l’Italie de ses origines, mais porte aussi la marque de respect de cet arrangeur pour tous les grands auteurs de bandes originales. Autant de références, de révérences, qu’Eric Legnini assume à 200 % tout comme il assure jouer à 300 % jazz. “Si on écoute bien mon disque, on entendra par derrière beaucoup de joueries jazz, un état d’esprit dans l’interplay du groupe et dans le rapport à l’accompagnement des voix propres à cette façon d’aborder la musique. C’est un laboratoire pour qui sait entendre, où le jazz reste la matrice, et la pop représente le cap.”