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Cristina Branco

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ALEGRIA

"Le fado, c’est la nostalgie, la voix de l’âme. Mais c’est aussi la joie, la joie de vivre : il est rafraîchissant et inspirant.
À chaque nouvelle saison théâtrale, Cristina Branco propose un nouveau programme. Elle parvient ainsi à conserver la magie qu’elle transmet à son auditoire, fidèle depuis des années. Pour réaliser ce projet, Cristina Branco s’est entourée des meilleurs compositeurs et paroliers du Portugal. Né d’une conversation avec Gonçalo M. Tavares, Cristina a voulu se mettre dans la peau de douze personnages différents, afin d’adapter son moi individuel à ce qui se passe dans la société. Elle utilise la musique comme un bouclier ou une arme, célébrant les héros méconnus de la vie quotidienne à la recherche de solutions dans les temps troubles que nous vivons."

Ancien album : Fado Tango

« Il n’y a pas que des tangos à Paris »

Quand un souvenir nous assaille, il nous faut très souvent en démêler l’écheveau. Fado Tango est tout aussi bien un disque de réminiscences, de voyages ou de flashs.

J’ai un vieux tourne-disque, des 33 tours de Gardel,
j’ai Buenos Aires et Paris et Lisbonne dans mon cœur,
j’ai Amália sur une vieille photographie de 1945 à Rio de Janeiro,
j’ai le fado et le tango, la tristesse immense de l’Invitation au voyage (Baudelaire disait souffrir de l’« horreur du domicile »).
j’ai la guitare, le piano, la contrebasse... le bandonéon.

Des doigts s’entrelacent dans la musique comme des jambes qui dansent tard dans la nuit. Certains disent que le fado a été dansé autrefois. Le fado est comme le tango, rythme de gens pauvres et fous, mais à l’âme immense !
La fleur rouge dans la chevelure de jais d’Amália ne sort pas de mes pensées... la milonga ou un boléro, ou encore le tango des créoles.

La silhouette du bandonéon de cette jeune fille assise sur le trottoir à La Boca et ses yeux grands et verts, un sourire de Joconde pubère,
ou les souvenirs de Paris, des émigrants malheureux, furtifs et plongés dans un mystère sensuel.
Tout cela donnait-il un fado, ou un tango, ou un Fado Tango ?
Il est peut-être le voyage d’un de ces gigantesques transatlantiques bondés de gens de toutes sortes et de toutes les classes, ou encore le vieux rafiot attaché à son ancrage d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique.

On pourrait aller plus loin et imaginer que Fado Tango est proprement le voyage Buenos Aires / Lisbonne / Paris. Tout peut arriver sur ce trajet, de la misère à la luxure. Il y a du désespoir, une liste de malheurs, des histoires d’amants, et surtout la saudade, la parole indicible, mais dont le sentiment est si ample et noble.

J’ai pour moi d’être entière !
Encore une fois, plusieurs langues traversent la musique, de différents auteurs majeurs, et de grand renom ! Pour tous, j’ai un énorme respect, une admiration et une gratitude sans nom.

Cristina Branco

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