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Charles Lloyd

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Depuis un demi-siècle, Lloyd survole le monde de la musique par sa présence (et parfois son absence). Mystique, homme de musique, Lloyd fait son apprentissage avec des légendes du jazz et du blues — Phineas Newborn, Cannonball Adderley, Howlin’ Wolf etc. — et participe au lancement de quelques lumières jazz dont Keith Jarrett et Jack DeJohnette ; il partage la tête d’affiche avec Jimi Hendrix et Janis Joplin et collabore avec des artistes-explorateurs tels que Ken Kesey ou Lawrence Ferlinghetti. Il est également un pionnier de la world music lorsqu’il fait équipe avec le guitariste hongrois Gabor Szabo et le maître des tablas Zakir Hussain, et il devient l’un des premiers artistes jazz ayant vendu un million d’albums lorsque son Forest Flower (1966) rencontre un succès total.

C’est en 1989 que Lloyd entame une relation inspirée avec les disques ECM, où l’on ne compte pas moins de 16 albums dans sa discographie. “Lorsque Don Was prend la direction de Blue Note [en 2011], il est venu nous voir, et il m’a invité à enregistrer pour le label,” précise Lloyd, qui finit par accepter l’invitation avec cette mission en tête : “Je souhaite étendre mes ailes et trouver de nouveaux courants ascendants pour m’envoler. Il s’agit de continuer mes recherches au service du son.”

Selon Don Was, Président de Blue Note, “Depuis 50 ans Charles Lloyd inspire, réconforte, hypnotise et agite ceux qui aiment la musique. Il a plus de 70 ans aujourd’hui et nous le retrouvons au sommet de ses capacités artistiques — il déchiffre de nouveaux sentiers en repoussant les limites de la musique moderne. C’est un très grand honneur pour nous, chez Blue Note, que d’être associés à un tel Titan de la création.”


WILD MAN DANCE

2015 marque une tournure événementielle dans la carrière de Charles Lloyd. Le 20 avril Charles Lloyd a ajouté une distinction de plus à son palmarès en recevant son NEA Jazz Masters, titre qui récompense une carrière remarquable en reconnaissance de ses dons créatifs extraordinaires ; Charles Lloyd entre donc au Panthéon des légendes vivantes, aux côtés de Sonny Rollins et Wayne Shorter, entre autres. La remise du NEA Jazz Masters Award, ainsi que le concert associé, auront lieu à New York City au fameux "Jazz at Lincoln Center".

Cette année marque surtout le retour du saxophoniste-compositeur chez Blue Note, 30 ans après sa première collaboration. Wild Man Dance est le premier album de Charles Lloyd à paraître sur le label Blue Note depuis A Night in Copenhagen en 1985 : ce dernier est aussi un enregistrement ’live’ (avec son quartet, au Festival de Jazz de Copenhague en 1983). Au piano il y avait un certain Michel Petrucciani (qui justement avait suggéré au saxophoniste de quitter sa retraite à Big Sur …) Wild Man Dance, magnifique album ’live’, documente une suite exceptionnelle en six mouvements, enregistrée lors de sa création au Festival Jazztopad avec Gerald Clayton (piano), Joe Sanders (basse) et Gerald Cleaver (batterie). Il compte également la participation du virtuose de la lyre, le Grec Sokratis Sinopoulos, et le Hongrois Miklós Lukács, maître du cymbalum, qui enrichissent cette musique en ajoutant couleurs, textures et rythmes.

Les compositions de Charles Lloyd sont tantôt élégantes, gracieuses, turbulentes ou dynamiques, tantôt méditatives, pacifiques et émotionnelles. Sa musique évoque un sentiment de transcendance lors d’un voyage mystérieux, depuis l’ouverture “Flying Over the Odra Valley”, qui éclaire à la fois le jeu martelé de Lukács et le brio du saxophone ténor, jusqu’au dynamisme lyrique de l’épopée finale “Wild Man Dance”, avec une grâce jubilatoire dans son dialogue d’ensemble.
“Il y a en moi la tradition du yogi sauvage" dit Charles Lloyd, qui explique l’infrastructure de Wild Man Dance avec sagesse. “Je suis un bluesman qui entreprend un voyage spirituel. Le blues est issu d’une quête de liberté. Mon chemin spirituel est la quête d’une libération de l’âme.”
Il reste au maître du jazz encore une grande distance à parcourir dans son "appel de la forêt. » Tout en célébrant son nouvel enregistrement étonnant, Wild Man Dance, Lloyd continue de guetter l’horizon. “Je cherche encore, pour trouver le son,” dit-il. « C’est mon chemin. Je m’appelle ‘sound seeker’, celui qui cherche le son… Plus l’océan sonore est profond, et plus je trouve qu’on peut aller plus loin encore vers les profondeurs. »

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