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Sounds of Mirrors

mardi 2 octobre 2018

Il est des rêves qui durent longtemps. Et des pressentiments qui ont valeur de prophéties. Le musicien voyageur qui a contribué à introduire l’oud dans le jazz, assouvit son rêve de musique indienne et invite le célèbre percussionniste Zakir Hussain à partager quelques scènes françaises en duo. La symbiose est au rendez-vous mais il manque une couleur : un instrument à vent. Dhafer Youssef convoque alors une autre « âme sœur » : le clarinettiste turc Hüsnü Şenlendirici. Le trio esquisse en concert la matière première de « Sounds Of Mirrors ». L’enregistrement débute à Bombay, puis à Istanbul où Eivind Aarset, l’aérien guitariste jazz en provenance de Norvège, rejoint l’aventure. Car le disque qui, à l’origine, était un hommage à Zakir Hussain et au tabla, prend alors une direction inattendue. « J’ai senti que, partant d’un socle culturel indien, nous pouvions aller vers un propos plus universel... Cet enregistrement m’a fait l’effet d’une ode à l’amitié et à la fraternité. Quand nous jouions ensemble, j’avais la nette sensation que des âmes sœurs se reflétaient. D’où le titre de l’album : « Sounds Of Mirrors », raconte Dhafer.

L’album, mixé au studio Nilento de Göteborg (Suède), connaît quelques moments en apesanteur, durant lesquels les musiciens semblent se tenir dans un même souffle. Dès l’introductif « Humankind », la voix de tête de Dhafer Youssef rejoint la clarinette pour ne faire qu’un. Plus loin, avec « Ruby Like Wine » et « Like Dust I May Rise », Dhafer affirme encore son talent pour établir une atmosphère rêvée avec une réelle économie de notes. Où les nappes célestes d’Eivind Aarset font merveille. « Pour moi, c’est un disque plus méditatif, plus spirituel et plus facile d’accès que le précédent, Diwan Of Beauty and Odd ». Mais attention ! Ici, rechercher une forme de paix profonde et de sagesse n’a rien de la démarche religieuse », précise Dhafer Youssef. Œuvre de la maturité musicale, la voix se met en retrait au bénéfice d’une musique qui se déploie, épanouie.

"Après avoir frayé avec les jazz norvégien et américain, Dhafer Youssef revient avec l’Indien Zakir Hussain, génie des tablas, et le Turc Hüsnü Şenlendirici, dieu de la clarinette. Le oudiste tunisien ne se réinvente pas, il continue simplement de regarder le monde depuis ses hauteurs célestes." Télérama ffff

Si la colonne vertébrale du disque tient en 5 titres contemplatifs, le goût de Dhafer Youssef pour le groove ne se dément jamais. Chez lui, les rythmes impairs sonnent comme des pulsations paires : un irrépressible « drive » donne à coup sûr l’envie de battre le tempo – en particulier sur « Dance Layan Dance » (en clin d’œil à sa fille), « Journey in Bergama », « Nasikhabhushani » ou encore l’entraînant « Chakkaradaar ». Place aux timbres précis des tablas de Zakir Hussain, conjugués au oud en liberté de Dhafer. « Avec l’âge, on n’a plus besoin de se justifier musicalement », dit-il dans un sourire.


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